Pour un premier article tentant d'expliquer l'essence d'un jeu (...) Samouraï de Reiner Knizia m'a semblé un bon choix. C'est un jeu simple à apprendre, d'une incroyable élégance et superbement bien implémenté sur la plateforme à la pomme. Knizia est reconnu dans le monde du jeux vidéo pour quelques caractéristiques qui lui sont propres : tout d'abord, c'est incontestablement un bon designer. On passe, mais on y reviendra car ce Knizia là n'est pas le seul que je possède. Par ailleurs, Knizia est aussi reconnu pour l'aspect calculatoire de ses jeux et dans bon nombre d'entre eux pour la place négligeable ou presque que la chance y trouve. Enfin, Knizia est reconnu pour plaquer sur des jeux aux concepts finalement très abstraits, des univers plus ou moins cohérents. En gros, Samouraï réunit l'ensemble de ces caractéristiques en dehors du fait, peut-être, que le thème n'est ici pas si mal employé que ça.
La version plateau
De fait, Samouraï est un jeu de placement et de conquête politique ! L'époque et le lieu : le Japon (évidemment...) médiéval. Le plateau de jeu n'est autre que le pays du soleil levant judicieusement découpé en cases hexagonales et sur lequel sont prédisposées (à chaque partie différemment) les principales villes du pays sous la forme des puissances politiques qui y résident. Ces forces politiques sont au nombre de trois : le parti des samouraï, celui des paysans et enfin celui des religieux (bouddhistes en l’occurrence). Chaque joueur se voit ensuite attribuer un nombre de jetons identiques représentants les pressions politiques destinées à faire pencher tel ou tel parti dans son camp : on y trouve un dessin représentant la force politique influençable (samouraï, paysans ou religieux) et l'intensité de la pression sous la forme d'un nombre de 1 à 4 accolé au dessin. A cela s'ajoutent des jetons soldats qui peuvent influencer n'importe quelles factions dans une mesure variable (dépend du nombre accolé) et enfin des jetons modificateurs (d'autres soldats et des bateaux) que l'on peut jouer en plus du coup principal pour assurer le coup le cas échéant. Enfin 2 pions particuliers : un jeton de redéploiement qui permet de... redéployer une et une seule fois par partie un jeton déjà joué et un jeton de modification de la répartition politique au sein de la ville. On peut alors par exemple remplacer le parti présent des paysans par n'importe quel autre. Ça sent le coup pourri hein ? Ben ouais, c'est exactement ça :)
L'écran d'intro est sympa. Agréable à regarder toujours...
Le but du jeu est simple : entourer les villes à l'aide de ses pions afin d'y exercer la pression politique nécessaire à l'obtention du plus de partis possibles en leurs seins. Attention, certaines villes n'ont qu'un parti, d'autre deux, enfin Edo, ancien nom de Tokyo (bande d'incultes...) est la seule ville à réunir les trois partis. Chaque joueur joue tour à tour un pion sauf en cas d'utilisation des modificateurs qui se jouent en plus (mais il y en a relativement peu). La partie se termine lorsque l'une des factions est épuisées, c'est à dire lorsque l'ensemble des jetons qui la représentent sont tombés dans l'escarcelle des joueurs. On peut donc soi-même avancer ou retarder la fin de la partie selon qu'elle est à notre avantage ou pas (Ça me rappelle un peu Dominion autre découverte de ces dernières semaines dont je reparlerai tôt ou tard ici) . Une fois la partie terminée, le vainqueur est désigné en comptant toutsimplement le nombre de partis où il est majoritaire. Celui qui en a le plus (il n'y en a que trois hein...) a gagné.
Les trois partis Edoistes qu'influencent vert et rouge. Vert a une petite avance...
Voilà, je sais pas si c'est clair mais ce que je peux vous assurer c'est que sur iPad c'est bon ! L'app est vraiment d'excellente qualité tant au niveau du solo (que je n'ai qu'assez peu joué mais qui doit pouvoir faire la nique au moins aux quiches comme moi-même) qu'au niveau du multi-joueur où l'on peut jouer plus ou moins en temps réel (on dit asynchrone je crois, faudra que j'approfondisse ça un jour...) avec alerte extrêmement pratique lorsque l'on a un coup à jouer et que l'on est déjà sur une autre application, par exemple en train de lire ces quelques lignes :) Par ailleurs, au final il y a bien toujours quelques personnes sur les serveurs pour jouer à cet excellent Knizia. J'oubliais l'essentiel, le tutoriel est au petit oignons. Une merveille je vous dis !
Bon ben voilà quoi. Je vous conseille vivement l'achat de cette petite perle. Il en existait une version PC il y a quelques temps qui avait, paraît-il, une intelligence artificielle remarquable. Le site existe toujours et il est possible de se faire les dents sur la version démo. Malheureusement pour des problèmes de droit je pense, le téléchargement payant de la version complète a été bloqué et seuls les quelques chanceux qui avaient acheté leur code avant le blocage disposent d'une version complète efficace. Pour les autres, il vous reste donc l'iPad. Et si vous n'avez pas d'iPad ? Ben comme le dirait très élégamment Apple... si vous n'avez pas d'iPad, ben... vous n'avez pas d'iPad ! ( et me dites pas que si je n’apprécie pas le slogan je n'ai pas le droit de l'utiliser hein!)
Rââââââ... Lovely ! (Finesse...)
Lostania, Madrid le 22/05/11.
Edit du 27 mai 2011 : depuis cet article je me suis remis à jouer un peu plus à Samuraï et je voudrais ici confirmer tout le bien que je pense de cette adaptation. C'est vraiment la grande classe et quel plaisir de jouer tant en syncho (ce qui est un peu difficile vu le peu de joueurs à certains moments de la journée) qu'en asynchro surtout qui est un rythme particulièrement adapté à ce type de jeu. Bref, si ce n'est déjà fait, n'hésitez plus, ruez-vous même s'il devrait y en avoir pour tout le monde.
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